Personnalités de l’automobile : La Famille Michelin

En 1889, les frères Michelin (André Michelin - centralien - et Édouard Michelin) fondent Michelin et Cie près de la place des Carmes à Clermont-Ferrand. Le siège social est toujours installé sur le même emplacement.


Mais la famille ne compte pas que ces deux membres...

- Édouard Michelin (1859-1940)

C’est un industriel français. Son nom est lié, avec celui de son frère André Michelin, à l’application du pneumatique aux cycles et à l’automobile. Il inventa en 1891 le pneumatique démontable pour les bicyclettes, système qu’il adapta en 1894 aux automobiles.

- André Michelin (1853-1931)

Edouard et André MichelinIl créa en 1900 le Guide Michelin, puis en 1910, il lance la fameuse carte de France, constituée de quarante-sept feuilles juxtaposées, pliées selon l’ingénieux principe de l’accordéon. Dessinées au 1/200 000, les cartes Michelin se sont imposées au fil des ans par leur précision quasi microscopique et leurs signes distinctifs (attraits touristiques, phares et balises, échelle de un centimètre pour deux kilomètres...).


- Pierre Michelin (1903-1937)

Mort en 1937 dans un accident de la route, il fut nommé co-gérant de Michelin en 1933 et président de Citroën de 1935 à 1937.

Second fils d’Édouard Michelin (1859-1940) il est envoyé chez Citroën pour en améliorer la gestion financière. Devenu président en juillet 1935, en remplacement de André Citroën (très critiqué pour sa gestion financière du projet de la Traction), Pierre Michelin améliore le projet de la Traction. Il trouvera la mort en 1937 dans un accident de la route.


- François Michelin né le 15 juin 1926

Il fut gérant du groupe Michelin de 1955 à 1999.

Il est le fils d’Étienne Michelin, le petit-fils d’Édouard Michelin (1859-1940), et le père d’Édouard Michelin (1963-2006).

Après des études classiques de mathématiques, il obtient sa licence à la faculté des sciences de Paris. Il entre à l’usine familiale des Carmes en 1951 où il effectue différents stages en production. Pendant deux ans il travaille avec les équipes qui font les horaires en 3x8, comme ouvrier à l’atelier Poids Lourds des Carmes et comme confectionneur de pneus pour voitures particulières à l’usine de Cataroux puis dans les services du commerce et la recherche.

Le 28 mai 1955, il devient co-gérant des Etablissement Michelin avec Robert Puiseux (gendre d’Édouard Michelin (1859-1940)), il hisse l’entreprise clermontoise de fabrication de pneumatiques au premier rang mondial. En 1966, il appelle à ses côtés son cousin-germain François Rollier (1915-1992) comme cogérant puis avec René Zingraff en 1986.

Sous sa direction s’est développé le pneu radial, véritable fer de lance de l’entreprise à l’étranger, permettant au Groupe Michelin de devenir le premier fabricant mondial de pneumatiques. Fervent chrétien, le ’patron le plus secret de France’ est fortement controversé pour son paternalisme et la communication minimale de son entreprise. À 73 ans en 1999, François Michelin a transmis l’entreprise à son fils, Édouard Michelin (1963-2006) qu’il cogère en 2005 avec Michel Rollier (fils de François Rollier). En 2006, suite au décès accidentel d’Édouard Michelin, Michel Rollier reste le seul gérant.

- Édouard Michelin (1963-2006)

Après avoir fréquenté l’école privée Massillon de Clermont-Ferrand, il poursuit ses études au Lycée privé Sainte-Geneviève de Versailles. Diplômé de l’École Centrale Paris en 1987, il accomplit son service militaire dans un sous-marin nucléaire.

En 1985, il rejoint le groupe Michelin, alors dirigé par son père. D’abord chef de fabrication de l’usine du Puy-en-Velay, il est ensuite nommé chef d’équipe à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire).

En 1989, il prend la direction de la filiale américaine Michelin North America. Sous la houlette de Carlos Ghosn, futur PDG du Groupe Renault-Nissan, il est en charge de la direction industrielle de l’ensemble des usines nord-américaines, ainsi que de la responsabilité du commerce et de la distribution des pneumatiques poids-lourds.

Nommé cogérant en 1991, il rejoint François Michelin et René Zingraff au siège de Clermont-Ferrand à la mi-année 1993. En 1999, il succède à son père à la tête de la célèbre manufacture fondée par ses aïeux 110 ans plus tôt. « Édouard, à toi le soin », lui lance le vieil homme, ému, lors de la cérémonie, adoubant officiellement par ce terme de marine l’élu choisi parmi ses six enfants. « Merci, Capitaine », répond en écho Édouard à ce père autoritaire, mais fier, à qui il vouait une admiration sans bornes.

Peu rompu à la communication, Édouard Michelin provoque une polémique en annonçant le 8 septembre 1999 des bénéfices en hausse de 20 % et la suppression de 7 500 postes en Europe. L’expression de licenciement boursier est largement employée et resservira pour d’autres entreprises. Cet épisode malheureux va cependant renforcer sa détermination. Pour la première fois depuis l’histoire de Michelin, il ouvre des négociations sociales, négocie la mise en place des 35 heures, met en place un plan d’actionnariat salarié et relance le comité d’entreprise européen.

Parallèlement, il réorganise l’entreprise par marchés et ouvre des usines en Chine, aux États-Unis, en Russie, en Amérique latine et en Inde. On lui doit également le retour de la firme en Formule 1.

Après le réel scepticisme qui accompagna ses débuts, Edouard Michelin aura réussi à moderniser et dynamiser son entreprise.


Rubrique : Personnalités de l’automobile.

10992 lectures - Dernière mise à jour le jeudi 7 juin 2007







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